choc-1-les-fantomes-de-knightgrave-couvertureLa couverture est faite pour arrêter net toute personne qui a lu un Tif et Tondu une fois dans sa vie: Le smoking impeccable, le heaume énigmatique et immédiatement reconnaissable, le mince filet de fumée de ce qu’on devine être l’incontournable fume-cigarette de Monsieur Choc. Et évidemment ce titre en capitales blanches sur fond rouge sang. Pas de doute: Choc est de retour et cette fois c’est bien du chef de la Main blanche qu’on va parler!

« L’or de la « S.B.S. » 1500 kilos, des centaines de joueurs… Un seul gagnant. HA, HA, HA… »

– Monsieur Choc, méchant devenu héros (tout en restant méchant)

Pour moi, Choc n’était jusqu’ici qu’une « silhouette ». Un personnage mystérieux mais un peu vide, juste là pour incarner le méchant de l’histoire. Mais dans mes vagues souvenirs de Tif et Tondu, il reste toujours très flegmatique, n’étale pas de sentiments, bref, n’a pas vraiment de personnalité.

La lecture de ce spin-off était donc d’autant plus intéressante… Au final, on ne voit pourtant qu’assez peu Choc, guère plus que dans la série-mère. Par contre, il imprègne totalement l’histoire, sa présence pèse à chaque page, même s’il n’apparaît que çà et là entre de longs flashbacks qui retracent son passé.

Ce qui frappe en premier, c’est la violence, la cruauté, le langage très cru par moments. On est bien loin de la série originale très politiquement correcte! Dans Choc, on tue, on meurt, on fait souffrir, on viole. Alors oui, Choc est méchant. Mais franchement, quand on voit les circonstances qui ont entouré sa vie, on n’est pas étonné. A vrai dire, ce n’est sans doute pas le pire des personnages qu’on rencontre dans cet album!

Réussite éditoriale
Côté dessin, c’est l’excellent Eric Maltaite qui se rappelle à notre bon souvenir tout en montrant une magnifique évolution depuis 421 (si on pouvait reprendre la série, ça me ferait TRÈS plaisir). Un symbole évidemment très fort puisque Eric est le fils de Will, qui avait fait le succès de la série-mère. Mise en scène soignée, qui alterne grandes cases contemplatives et découpage plus rapide pour les scènes d’action. Superbe!

Au scénario, Colman s’est assuré de respecter la vision de Maurice Rosy, le créateur de Choc: il s’en sort plutôt bien, même si la construction chronologique n’est pas facile à suivre par moments. On va tout de même déplorer quelques événements un peu attendus, mais le tout est rattrapé par des dialogues bien amenés et une écriture qui parvient à faire le lien entre les origines de la série et une narration plus contemporaine. Et en les laissant s’étaler sur 88 pages, l’éditeur permet au duo d’auteurs de faire un magnifique cadeau aux lecteurs!

Choc #1: Les fantômes de Knightgrave, par Colman et Maltaite, chez Dupuis.

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