asterix-chez-les-pictes-couvertureAstérix s’en va chez les Pictes. Sortie très remarquée de l’automne, ce nouvel album du petit Gaulois marque la reprise de la série par un nouveau duo: Ferri et Conrad. Et le verdict? Eh ben pas mauvais, mais je suis tout de même resté sur ma faim. Vous allez peut-être vous écrier: « Il est fou, ce Romain! » Mais je vous le confirme: ce no 35 est un peu court, jeune homme. Je pourrais dire bien des choses en somme.

« Oui, prenez garde car – hic! – l’eau est traître! »
– Mac Robiotik, druide amateur d’eau de malt

Déjà, ça s’appelle « Astérix chez les Pictes », mais la moitié de l’album se passe dans le village gaulois que nous connaissons bien. Volonté des auteurs de démontrer qu’ils maîtrisent les codes de la série? De faire joujou avec des personnages emblématiques comme Ordralfabetix ou Abraracourcix? Peu importe: il ne reste qu’une vingtaine de pages pour découvrir les Pictes et leur pays. Ça fait peu.

D’ailleurs, la découverte des Pictes est un peu décevante: pas de gags sur la légendaire avarice des Ecossais, sur ce qu’ils portent sous le kilt ou leur farouche volonté d’indépendance… Pas de caricatures de personnages connus non plus (Sean Connery ou Andy Murray par exemple?) Bref, l’histoire aurait très bien pu se passer dans le village d’à côté.

Manque d’audace
Côté dessin, il faut reconnaître à Conrad un certain talent pour reprendre le style d’Uderzo: difficile de dénicher des différences avec le trait du papa d’Astérix. Mais là aussi, est-ce une bonne idée? Après tout, des personnages comme Spirou ont su évoluer au fil des dessinateurs sans pour autant que la série y perde. Les films récents ont montré qu’Astérix peut tout à fait bénéficier de l’apport très personnel des réalisateurs: pourquoi ne pas prendre de risques avec le dessin?

A éviter, cet Astérix chez les Pictes? Non, je n’irai pas jusque-là. D’abord, ça fait très plaisir de retrouver notre petit moustachu, surtout après quelques albums franchement bizarres. Ensuite, ça reste un très bon moment de lecture, avec de bons gags et quelques noms de personnages bien trouvés (Mac Robiotik le druide ou Zaplézactus le centurion romain m’ont bien fait rire). C’est juste qu’on en attendait sans doute un peu plus (et peut-être trop, d’ailleurs).

Astérix chez les Pictes, de Ferri et Conrad, chez Hachette

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