Ça restera l’un des gros cartons éditoriaux des années 2000: la trilogie Millenium de Stieg Larsson, publiée à titre posthume, a méchamment contribué à populariser le polar noir suédois sous nos latitudes. Seulement voilà: après les romans, une première série de films suédois et une seconde adaptation par Fincher, on pourrait se dire que c’est bon, on a compris. Ça ne m’a pourtant pas empêché de me précipiter sur cette BD. Je suis si faible…
« C’est la promesse qu’un ami te fait. Car c’est ce que je suis pour toi, Lisbeth. Un ami. »
– Nils Bjurman, avocat, tuteur et violeur
Il faut dire que la série se construit sur des personnages très fouillés et attachants, qu’on a toujours autant de plaisir à retrouver. En plus, Dupuis a l’intelligence de se la jouer compact: deux albums par romans, la série bouclée en trois ans… on ne se lance pas dans un truc interminable. Bien sûr, le format oblige à certains choix et c’est intéressant de voir comment Runberg a réussi à condenser le récit.
Ce qu’il a gardé, ce qu’il a laissé tomber, ce qu’il a traité plus vite, comme l’installation des personnages, et aussi ce qu’il a su combiner de façon astucieuse. Pour qui connaît la série, ça tient bien la route et on retrouve parfaitement ses petits, même si j’ai trouvé Lisbeth Salander un peu trop sociable. Toutes proportions gardées, bien entendu!
Côté dessin, c’était une grande première pour moi: je ne connaissais pas encore Homs. Découpage rythmé, mise en scène très cinéma, clins d’œil divers et variés et surtout sens du détail probablement piloté par le Suédois d’adoption Runberg, ça fonctionne! L’atmosphère différenciée entre la ville, contemporaine et trépidante, et l’arrière-pays, glacial et hors du temps, est particulièrement bien traitée.
Comme dans Il était une fois en France ou Silas Corey, je me serais attendu à un style visuel plus réaliste pour coller à la noirceur du récit. Mais après avoir tourné la dernière page, je me dis que c’est peut-être justement cette véritable approche artistique qui permet à Millenium de ne pas être qu’une adaptation de film mais bien une BD à part entière.
Millenium #1: Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, chez Dupuis





