En route pour un troisième cycle dans les pas de l’un des meilleurs anti-héros de la BD francophone: le Tueur est toujours aussi cynique, ses monologues et son recul par rapport la vie qu’on mène sont effrayants de justesse. Continuer à écouter le Tueur, c’est comme jouer avec le feu: on sait que c’est mal et dangereux, mais une fascination incontrôlable nous empêche de faire autrement.
« L’idée c’était de l’éliminer, pas d’envoyer un message. Le message viendrait après, pour ses successeurs. Et il ne serait pas du genre subliminal. »
– Le Tueur, anti-héros et philosophe autodidacte
On avait laissé le Tueur dans un rôle de businessman qui ne lui allait pas trop. C’était pas tant côté prestance que ça clochait: le Tueur porte plutôt bien le costard. Non. C’était plutôt qu’il n’était absolument pas crédible. C’est qu’on commence à le connaître et que là, franchement, ça ne collait pas. Mais quatre ans plus tard, il faut reconnaître que monter Petroleo Futuro Internacional n’était pas un mauvais calcul.
Mariano le narco est devenu vice-ministre en Colombie. A son service, le Tueur est une sorte de James Bond du Tiers-monde, il voyage avec passeport diplomatique et tout. Il continue à faire ce qu’il sait faire de mieux, mais pour une cause. Et ça, ça lui plaît bien. Il y a quand même les inquiétudes de Haywood, le troisième larron: il aurait entendu des rumeurs sur Mariano. Mais rien de bien concret. Et le Tueur aime bien Mariano, c’est peut-être pour ça qu’il ne se pose pas autant de questions qu’il devrait…
Classique dans les moments calmes et hyper dynamique dans l’action, le découpage de Jacamon accompagne à la perfection la narration de plus en plus déstructurée de Matz. L’univers graphique stylé et élégant contribue à donner une vraie personnalité à cette série. Le Tueur reste une valeur sûre!
Le Tueur #11: La suite dans les idées, de Matz et Jacamon, chez Casterman





