Quelques siècles après une grave catastrophe écologique, des humains assez peu intellos tentent de survivre face à une Dame Nature plutôt revancharde. Parmi eux, un enfant noir que personne n’aime. Pourquoi? Parce qu’il est noir, il est noââââr! Mais il va lui arriver quelque chose, il va devenir un peu plus dégourdi que les autres et finalement il sera respecté de sa tribu. Y a une morale.
« Le Vieux portait un collier de vertèbres dont chacune avait appartenu à un chef ou à un chasseur fameux, ajoutant ainsi à son propre prestige celui des ancêtres disparus. »
– L’enfant noir, héros
Alors c’est pas Mad Max ou Ken le survivant (on a les références qu’on peut, que voulez-vous). Non. Cette histoire se passe longtemps après la catastrophe. Les mecs sont revenus à l’âge de pierre. IIs bouffent la cervelle des morts pour s’approprier leur puissance, ils pensent que les vestiges des villes de notre époque sont la demeure des dieux et quand ils tombent sur une bouteille de rhum, ils s’extasient devant cette matière si lisse et brillante. Des sauvages, on vous dit.
Et c’est là que ça devient intéressant: un regard totalement extérieur sur notre civilisation. Un décalage immense entre ce que voit l’enfant noir et ce qu’il pense avoir en face de lui. Son discours de narrateur (et le cahier de croquis du tome 2) laisse présager de beaux développements pour la suite de l’histoire. Autant dire qu’on l’attend avec impatience!
Surtout que côté dessin, on n’est pas déçu! (ou alors en bien) C’est beau, c’est bien découpé, c’est dynamique et intelligent. Par exemple, il suffit d’une planche sans texte, juste quatre cases pour nous faire comprendre ce qui s’est passé entre notre époque et le début de l’histoire.
D’ailleurs, ce côté esthétique commence avec la couverture, qui rappelle un livre de poche aux bords usés. Un joli clin d’œil puisque que cette BD fait partie d’une série d’adaptations des romans de Stefan Wul, pionnier de la SF française.
Tu connaissais? Nan, moi non plus… et je l’avoue sans honte, contrairement au reste de la blogosphère BD francophone, qui s’est cru obligée de pousser des petits cris jouissifs du style: « Ah, enfin une adaptation de Stefan Wul en BD, depuis le temps qu’on attendait ça! » Alors que la moitié d’entre eux n’ont probablement jamais lu une ligne de ses romans. M’enfin, ça fait toujours cool de se la péter.
Niourk #1: L’enfant noir, de Vatine, chez Ankama




