Le Sursis #1Bon alors on va pas laisser planer de doute: Le sursis c’est vachement bien, probablement même indispensable. Esthétiquement superbe, avec une narration tout en finesse et des personnages attachants. C’est une histoire chaude et tranquille comme une journée au soleil du Sud, mais plus prenante encore qu’une partie de pétanque.

 

« J’ai suivi la guerre sans y participer, j’ai même assisté à mon enterrement sans la pénible nécessité de mourir. C’est dire à quel point j’ai été épargné… »
– Julien Sarlat, héros

France, été 1943. Il a bien fait de sauter du train qui l’emmenait travailler en Allemagne, Julien. Ça lui a évité de se ramasser quelques bombes sur le coin de la tronche. Du coup, tout le monde le croit mort. Ça tombe bien, il va pouvoir passer la fin de la guerre planqué dans son village à épier les autres habitants.

On connaissait Jean-Pierre Gibrat dessinateur, Le sursis a révélé Gibrat comme auteur complet. Et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître! Bien sûr, le scénario reste assez simple (certains diront « attendu »). Mais justement, la vraie valeur de ce dyptique se trouve ailleurs.

Il y a d’abord les personnages. Peut-être un peu caricaturaux pour certains, mais bien fouillés quand même. Il y a aussi l’ambiance de ce petit village magnifiquement rendue par le superbe dessin de Gibrat. Et la narration, tout en monologue, montre une sacrée finesse dans l’écriture.

Ne cherchez pas l’aventure parce que finalement, elle est quand même assez lointaine, la guerre, à Cambeyrac. La vie reste très supportable, on en oublierait presque le titre et le dénouement qu’il laisse attendre. Et puis il y a Cécile. Et on n’a aucune peine à comprendre que Julien en soit fou amoureux.

Le sursis, de Jean-Pierre Gibrat, chez Dupuis (en deux tomes)

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